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Les Chroniques Industrielles
Les friches industrielles ont été depuis mon arrivée à Saint-Étienne en 2007 une véritable révélation artistique. Elles ont été le support de nombreux projets artistiques, essentiellement photographiques mais aussi vidéo.Les friches industrielles sont d'avantage présentes dans le bassin stéphanois que dans la région Bretagne de laquelle je suis originaire et c'est cette effervescence de bâtiments à l'abandon qui m'a tout d'abord surprise puis touchée dans cette région, spécifiquement dans la vallée du Gier et de l'Ondaine. En parcourant Saint-Étienne et les alentours, je me suis rendue compte que ces bâtiments étaient culturellement encrés dans le patrimoine industriel de la région. On peut trouver des bâtiments comme nulle part ailleurs, comme par exemple la tour de la trempe à Firminy sur laquelle nous reviendront ultérieurement. Ces lieux atypiques m'ont poussé naturellement vers la photographie pour ces deux années de recherche pour la simple raison que ce médium est celui par lequel j'arrive le mieux à m'exprimer. J'aime l'instantanéité de l'image produite par le médium photographique et aussi sa durabilité dans le temps. Les photographies de ce projet sont gardées comme des reliques, des traces de lieux en devenir. Le projet Chroniques Industrielles a maintenant deux ans, et je dois dire que ces années ont été riches en découvertes, rencontres, savoirs, mais aussi savoirs-faire.
Chroniques Industrielles I
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Au commencement de tout projet, il a toujours un événement déclencheur , une envie, une passion, un désir qui nous pousse vers l'avant. Le projet « Chroniques Industrielles » est né d'une réelle envie de partage. Des centaines de photographies attendaient la bonne occasion pour être exhibées. Le désir d'images m'a souvent poussé dans des endroits assez incongrus, maisons à labandon, serres abandonnées, etc. Ce désir a fini par m'amener dans les friches industrielles. Ces lieux ont été un vrai déclic artistique et de là ont découlé beaucoup de projets, dont celui-ci. Je suis habitée par ces murs et par le désir de retranscrire ce que je peux y ressentir. Ces photographies, ces mots, ce son et cette vidéo s'articulent autour de la même volonté, raconter le lieu comme je le perçois. Pour présenter ce projet, il fallait que je puisse parler des friches dans leur totalité. Je devais alors montrer ce que je voyais, ce que j'entendais et ce que j'en ressortais. Je ne prétends pas que ce projet est complet, j'espère simplement que grâce à ce mémoire de recherche, les friches industrielles trouveront d'autres regards comme le mien. Après de nombreux essais de projets aussi divers que variés, ce projet est né dans le doute et il s'achève par un sentiment d'accomplissement.
Chroniques Industrielles II
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Un grillage, un mur en béton sont les premiers obstacles à franchir pour entrer à l'intérieur d'une friche industrielle. Cela ne nous effraie pas. Nous avons l'habitude de ce genre d'endroits. C'est cela même qui rend la ballade attirante. Puis, une pièce après l'autre nous découvrons le nouveau lieu qui nous accueille. Il fait un peu froid mais la beauté des lieux nous subjugue et nous fait oublier nos membres grelottants. Nos yeux écarquillés n'en finissent pas de se voir offrir de nouvelles images. L'appareil photo à la main, nous mitraillons, les photos pleuvent. Nous revenons en arrière et recommençons à parcourir l'usine, les plans larges font place à des plans serrés. Des détails qui nous avaient échappé à première vue resurgissent, pourtant si évidents. La verdure semble avoir retrouvé sa place progressivement ici. Et friche et nature semblent avoir été faits pour se rencontrer et cohabiter. Les couleurs sont magnifiques, malgré un camaïeu de brun, d'ocre et de sable quelques touches de vert, de bleu et de jaune viennent harmoniser et rythmer l'ensemble. Les sons aussi sont surprenants. Chaque mot est décuplé, chaque pas résonne et nous suit. La hauteur du plafond au dessus de nos têtes amplifie les sons. Nos pas crissent sur le sable léger et la poussière qui s'en dégage laisse une empreinte de chaque passage, laissant dire « nous avons été là ». Des éléments nous ramènent à la fermeture de l'usine, des calendriers, symboles d'un ancien temps, des tampons encreurs asséchés par le temps, des factures terreuses, nous revenons quelques années auparavant. La mémoire de ces instants persiste et nous avec. Nous ne touchons à rien, nous laissons l'instant figé, nous abandonnons le lieu là ou il s'est arrêté et nous nous en allons. Un dernier panorama de l'usine pour se souvenir de ces instants. Nous y reviendrons sûrement, les yeux écarquillés comme à la première visite. Et nous recommencerons le même parcours jusqu'à complète satiété.
Ce projet 2011/2012 (et le mémoire qui l'accompagne) se veut plus général que le précédent et aborde la friche sous plusieurs points de vue:- architecture, - économie,- juridiction et cadre reglementaire,- écologie, - urbanisme- et art, cela va sans dire!De la pollution visuelle, mais aussi des sols, à la réhabilitation, ce projet traite des deux côtés de la médaille... mais se place d'avantage du point de vue optimiste en ce qui concerne l'avenir des friches industrielles. De nombreux cas de réhabilitations m'incitent à penser que tout n'est pas perdu! Le patrimoine industriel a encore de beaux jours devant lui!
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Jusqu'où iront les Chroniques?
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Mon ambition est d'amener cette exposition a naviguer! La friche industrielle n'est pas le seul fait de la région stéphanoise, pourquoi alors ne pas faire de cette installation une exposition itinérante?Galleries d'art ou simplement bar, je souhaite avec ces photographies aller à la rencontre de personnes étrangères (ou pas) à ce milieu. Les friches industrielles sont omniprésentes dans notre quotidien... mais nous ne voyons plus ces bijoux de notre patrimoine culturel et architectural!
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Caroline CoatalemE-mail: carolinecoatalem_hotmail.comFacebook : http://www.facebook.com/?ref=tn_tnmn#!/groups/chroniquesindustrielles/