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Vous vous trouvez sur le site consacré au voilier Jeanneau - Brin de Folie et aux "aventures" marines de ses occupants
Ce site internet est consacré aux aventures de votre serviteur aux commandes de son voilier Jeanneau - Brin de Folie
La grande question que l'on peut se poser est comment en suis-je venu à acheter un voilier?
Tout d'abord je dois préciser que je suis un terrien 100% pure race, le poil souple et brillant.
Je suis originaire de la Champagne en France soit à 250km de la mer la plus proche, c'est à dire la Manche.
Je n'ai que rarement pris le bateau pendant mon enfance. Je n'ai que rarement profité des joies de la mer, mes parents préférant le bon air de la montagne.
Mais, j'ai toujours regardé avec envie ces voiliers dans les ports, ces voiliers capable de traverser les mers et les océans, ces voiliers qui ont le pouvoir de rendre à un octogénaire ses cinq ans.
Après quelques années à travailler à droite et à gauche, j'ai posé mes amarres à Toulouse en 2008. J'ai profité de mes premiers congés pour découvrir la région et ses avantages:
- La montagne à 1h30 de route
- La mer à 1h15
A l'occasion d'une sortie, je suis arrivé au port de Gruissan, charmant port du Languedoc-Roussillon qui loin de l'image des pièges à touristes qui longent la côte a gardé toute son authenticité.
Quelques mois ont passé et avec ma future conjointe que j'avais rencontré quelques mois plus tôt, nous sommes retourné à Gruissan à la faveur d'un agréable week-end de février.
Et là ce fût le déclic: nous n'avons pas les moyens de nous acheter un appartement ici, mais un voilier ça doit être possible!!!
Le Projet
Le projet
A peine étions-nous rentré de Gruissan que nous nous sommes rués sur les petites annonces de voiliers.
Mais il fallait nous rendre à l'évidence: je voulais investir dans un appartement au plus vite pour profiter des conditions favorables aux acquéreurs en cette année 2009, alors acheter également un voilier nous semblait bien compliqué.
De plus, un voilier, il faut savoir le manoeuvrer et moi à part la théorie générale, je n'y connais pas grand chose.
La semaine suivante commençant, j'en ai profité pour passer un coup de fil à Dominique, un collègue qui navigue depuis de nombreuses années et qui vient de se porter acquéreur d'un Jeanneau - Sélection 37. J'en profite pour le saluer, lui qui vient d'achever à l'heure où je vous écrit sa première transatlantique.
Je lui explique mon projet et il me le "valide " en apportant son expérience et ses conseils, de telle sorte que je puisse cibler avec plus de précision le type de voilier que je vais regarder.
Ma sélection se porte pour commencer sur les voiliers de 7-7.5m: un membre de ma famille a possédé un 6.5m, s'il est "habitable", il est préférable de ne pas mesurer plus d'1.5m pour espérer se tenir debout. Avec quelques recherches, ma première séléction s'est portée sur les voiliers suivants:
Bénéteau First 25
Architecte: Groupe Finot
Longueur HT: 8,56m
Longueur de coque: 7,5m
Longueur de flottaison: 6,50m
Bau maximum: 2,80m
Tirant d'eau Quillard: 1,30m
Tirant d'eau Quille relevable: 1,70m / 0,80m
Hauteur sous barrots: 1,75m
Brochure First 25
Inventaire First 25
Indicatif de prix: 12k€ - 14k€
Dufour 1800
Architecte: Laurent Cordelle
Longueur de coque: 7,60m
Longueur de flottaison: 6,70m
Bau maximum: 2,62m
Tiran d'eau Quillard: 1,32m
Hauteur sous barrots: 1,62m
Indicatif de prix: 8k€ - 12k€
Jeanneau Sangria
Architecte: Philippe Harlé
Longueur HT: 7,60m
Longueur flottaison: 5,80m
Bau maxi: 2,70m
Tireau d'eau: 1,25m (PTE)
1,48m (GTE)
Hauteur sous barrots: 1,72m
Voilier de référence s'il en est un, le Sangria est le plus gros succès commercial jamais réalisé dans l'univers de la plaisance et une valeur sûre de sérieux et de fiabilité
Indice de prix: 6k€ - 10k€
KELT 760
Architecte: Jean Berret
Longueur de flottaison: 6,40m
Bau maximum: 2,88m
Tirant d'eau: 1,30m (PTE)
1,60m (GTE)
Hauteur sous barrots: 1,80m
Voilier complet et performant à toutes les allures, élu voilier de l'année en 1980.
Prix indicatif: 12k€ - 15k€
L'attente
Bref, nous sommes en Mars 2009 et il faut bien patienter en attendant de pouvoir enfin passer le cap et acheter mon premier voilier.
Je profite alors du printemps pour commencer à amasser des informations sur le monde de la voile.
J'initie alors ma démarche par créer un compte sur le forum Hisse-et-Oh, où je demande conseils et où je glane mes précieux renseignements.
J'achète également le livre "La voile pour les nuls" qui me permettra d'apprendre tous les termes marins ainsi que la décomposition de toutes les manoeuvres élémentaires.
Il donne également de bons conseils sur le comportement à adopter face à l'imprévu.
Je poursuis mon apprentissage par la pratique du jeu PC gratuit " Virtual Skipper 5" qui me permet d'assimiler le comportement du voilier et le réglage des voiles par rapport au vent.
Enfin, je lis assidûment les blogs des voyageurs, les forums techniques et de voyages afin d'être le plus prêt possible le moment venu.
Pour cibler et rechercher mon futur voilier, j'achète "Le guide des voiliers d'occasion de 5 à 9mètres" : véritable bible sur les voiliers qui contient leurs caractéristiques techniques ainsi qu'un avis sur leur comportement et leurs performances. Pour un futur acheteur, je ne saurait trop conseiller d'investir dans cet ouvrage.
La rencontre
Au fil de mes rencontres sur le forum Hisse-et-Oh, j'ai pu faire la connaissance de nombreux plaisanciers dont Christian qui navigue depuis environ 35ans en méditérranée et qui a pris le temps de rédiger les aventures de sa famille en croisières.
Christian a eu la grande gentillesse de me faire parvenir ses récits qui en plus de distraire m'apporteront nombre d'anecdotes utiles à tout plaisancier débutant.
En mai 2010, soit un peu plus d'un an après le "lancement" de mon projet, nous profitons de sa présence à Port Camargue (Le Grau du Roi) pour s'organiser une petite rencontre, visiter son voilier et partager un bon verre.
Nous nous rejoignons alors à Port Camargue, où nous faisons mutuellement connaissance. Christian est présent avec son fils, Xavier, qui a lui même attrapé le virus et acheté un voilier (Gibsea 28)
Alors que mon objectif initial était d'investir dans un voilier de 7,00-7,50m, il faut préciser qu'au cours de l'année passée, mon objectif a lentement glissé vers un 8m de type Trident 80 ou Kelt 8m pour des raisons de logeabilité et de performances.
La visite de Gabier II, le Gibsea 28 de Xavier aura déclanclé des froncements de sourcils insistants de la part de Ludmilla, ma compagne. Et dans ses cas là, je sais à quoi m'en tenir...
Le Gibsea 28 est un voilier de 8.5m, soit 50cm de plus que ceux que je cible, et pourtant ni l'espace à bord, ni la hauteur sous barrots ne sont impressionants. Il est certe possible que Gabier II, alors en travaux donne une fausse impression, mais cela nous fait sérieusement douter de la pertinence d'acheter un 8m
C'est alors que Christian nous parle de Jean-Pierre, héminent membre de Hisse-et-Oh lui aussi, et qui cherche à se séparer de l'Averne, son Jeanneau - Brin de Folie, pour des raisons de santé.
Le jeanneau Brin de Folie est un voilier de 9m de bonne réputation, conçu dans les années 60 sous le nom de Folie Douce et modernisé en 1975 sous l'appellation Brin de Folie.
Sous les conseils de Christian, nous partons le visiter en compagnie de Jean-Pierre:
Et là, je de dois avouer que c'est le coup de coeur: il y a de la hauteur sous barrots (avec mon petit 1.76m je passe à l'aise), les aménagements et surtout le carré dinette sont très agréables. De plus la ligne du voilier reste très agréable à l'oeil.
Malheureusement pour nous tous, ayant prévu d'acheter en 2011, je n'ai pas les moyens d'acquérir son très beau bateau.
Après 4h et demi de route dans le sens inverse et une nuit de sommeil, je regarde par curiosité les petites-annonces des Jenneau - Brin de Folie et je tombe alors sur un exemplaire dans mon budget 2010...
Dilemme
Nous en étions resté à notre visite de Christian, Xavier et Jean-Pierre à Port Camargue qui s'était conclue par un peu de frustration compte tenu que nous n'avions pas la possibilité d'acquérir le voilier de Jean-Pierre.
C'est un Jeanneau - Brin de Folie de 1976 GTE (1,65m)
Encouragé par Ludmilla qui ne tient plus en place, j'appelle le vendeur, et à ces dires il est en bon état:
Les voiles sont récentes, le moteur récent date de 2000: il a connu une surchauffe mais il a été révisé et il fonctionne bien, une annexe AX2 avec son moteur HB. Enfin très important, il me laisse la place de port avec le voilier.
Du coup, je fonce dès le lendemain à Port Leucate pour voir le bateau: je l'inspecte dans tous les sens et avec toutes mes connaissances: verdict il me semble sain et conforme aux dires du propriétaire.
Je fais de suite une offre au propriétaire sous réserve d'un levage du bateau et d'un essai moteur.
Les essais complémentaires seront réalisés 10 jours plus tard et se montreront concluents.
Me voici propriétaire d'un voilier!!! Incroyable!
Quand on analyse l'évolution du bateau que je recherchais: j'étais parti à la base pour un 7,5m du type First 25, voir un plus petit First 235. Finalement j'ai glissé vers un 8m du type Trident 80 ou Kelt 8m. Pour finalement flancher pour un 9m! Soit 1.5m de plus que ce que je désirais à l'origine...
Je profite de la fin de ce chapitre pour adresser un petit bonjour à Jean-Pierre qui s'en est allé début Décembre 2010... Amitiées Jean-Pierre.
Jeanneau - Brin de Folie: une histoire pas banale
En 1969, nous avions présenté le projet de l'Ecume de mer aux chantiers Jeanneau. Ceux-ci avait jugé plus commercial de construire le Sangria, dessiné sur les plans de Philippe Harlé.
L'Ecume de mer plastique a été construit un an après par les chantiers Mallard. Puis, d'un commun accord avec Ph. Harlé, fut décidée la réalisation d'un 9 mètres. Ainsi fut conçu en association avec Ph. Harlé le Folie douce qui est devenu Brin de Folie.
Ce bateau est tout à fait dans l'esprit de l'époque; une grande simplicité, un petit roof, une disposition classique des aménagements.
Les architectes ont réalisés les formes de coque, de voilure, de pont. Les chantiers Jeanneau ont décidé la structure et les aménagements.
Le bateau a été produit pendant 10 ans. En cours d'existence, le pont a été relooké par un roof plus long:
le Brin de Folie
Caractéristiques:
Longeur de coque: 8,70 m
Largeur maximum: 3,10 m
Tirant d'eau: 1,65 m
Poids à lège: 3 T
Poids du lest: 1,1 T
Grand voile: 14 m2
Génois: 31,2 m2
Spinnaker: 66 m2
Brin de Folie
L'allongement du roof entre les deux voiliers se distingue à l'intérieur par un cabinet de toilette plus compact et replacé dans le sens de la largeur ainsi que par l'ajout d'un petit lavabo.
Ce nouvel aménagment permet de libérer plus d'espace pour la cabine avant.
Folie Douce
La Presse en parle
DILEMME - Notre Brin de Folie
DILEMME a été en bonne partie rénové par le précédent propriétaire qui a déjà refait intégralement les vaigrages et posé un circuit éléctrique indépendant en 220V tout neuf
De notre côté, nous avons prévu de commencer par refaire les planchers et essayer de refaire une cuisine plus fonctionnelle. Car si le grand réfrigérateur est pratique pour la vie au port, il gène la circulation et l'accès à la cuisine.
Historique
La presse en parle
Notre Brin de Folie
NOTRE PREMIERE SORTIE
Après un Samedi sous Force 6 à 8 B (avis de Grand Frais sur la région), Eole s'est calmé à partir de Dimanche midi et nous avons pu faire une sortie en mer Dimanche à partir de 13h (Vent 3 à 4B)
Super excité et un peu inquiet (il faut le dire):
- J'ai détaché les fermetures du Lazy-Bag
- Armé les premiers guides de la GrandVoile dans son rail
- Préparé le Génois pour être prêt à l'envoyé
- Mis à poste le feu à retournement, la bouée fer à cheval et hissé le drapeau tricolor
Enfin j'ai vérifié une dernière fois que tout était bien rangé dans le bateau et que important les vannes du moteur était bien ouvertes!
Après quelques instants d'hésitation: j'ai mis en route le moteur qui a démarré au quart de tour.
Petit flashback à la veille:
J'avais rebranché la batterie et bricolé un peu mon tableau électrique car ma VHF récalcitrante refuse de démarrer. Elle est sans doute morte, ou alors un fusible à sauté à l'intérieur. Il va falloir que j'y regarde sérieusement. Bref tout ça pour dire que j'avais poussé un peu les boutons et que malheureusement je ne me suis rendu-compte qu'à la nuit tombée en revenant du bloc sanitaire (je vous passe les détails) que le feux de mât était allumé!
Panique à bord, je coupe tous les feux après avoir essayé toutes les combinaisons de boutons: je descend dans la cale avec le voltmètre et je mesure la tension de la batterie: 12.25V C'est pas beaucoup, mais je pense que cela suffira.
Retour à notre sortie première sortie en mer:
Moteur démarré, il tourne tranquillement au ralenti, je vérifie que la pompe à eau fonctionne: tout va bien, le moteur recrache son eau derrière.
Je saute à quais, défait les amarres unes à unes puis la dernière. Le vent plaquant Dilemme contre son catway il ne risque pas de se sauver, je saute à bord.
C'est alors qu'arrive l'instant tant redouter: j'enclenche la marche arrière et comme la dernière fois (mais avec un marin expérimenté à la barre) il fait n'importe quoi. Quelque soit la position de la barre, il part en crabe. Après un rodéo sauvage entre les voiliers, un plaisancier comprenant ma douleur m'indique qu'il y a suffisamment de place à l'avant pour manoeuvrer et enfin je parviens à faire demi-tour pour mettre le cap sur la lagune de Port Leucate.
Ouf, ce Brin de Folie: en marche arrière c'est quelque chose, autant en marche avant il tourne presque sur place autant en marche arrière il est imprévisible. Pourtant l'hélice est une tripale! Voilà qui va me guérir définitivement de l'envie d'installer une bipale bec de canard!!!
Revenons à nos moutons: Dilemme vogue tranquillement dans la lagune protégée, je confie anxieusement la barre à mon amie qui zigzague à mon grand désarroi... Je profite de ces quelques instants pour dérouler le Génois. je déroule l'enrouleur, la voile se gonfle et nous ressentons une petite accélération. A cet instant avec le recul j'aurais plutôt hissé la GV, pour sortir du port je dois mettre le voilier au vent: la Tramontane vient de NO-NNO alors qu'une fois en mer cela me fait faire demi-tour pour la hisser... Bref je saurais pour la prochaine fois.
Nous sortons de la lagune 15 à 20min plus tard, (qu'elle est longue cette lagune!) et entrons en mer. Je mets le cap au 70 (au largue) et je coupe le moteur. Propulsé par le seul génois Dilemme navigue entre 4 et 5 noeuds avec des pointes à 6 (Génois enroulé de 3 à 4 tours), ne souhaitant pas faire demi-tour pour me mettre face au vent je garde le génois seul. Nous nous éloignons un peu des côtes: la vue est magnifique, notre champ de vision va du Cap d'Agde jusqu'à Port-Vendres!
Quant au voilier, il passe dans les vagues ne nous éclaboussant que très peu: la mer est peu agitée (vague de 1 à 1.5m) et le vent régulier: Les désagréables rafales que nous ressentons à l'intérieur du port semblent causées par les bâtiments qui perturbent la circulation du vent. Pour l'instant RAS, tout le monde à bord va bien: pas de mal de mer. Je suis tout de même conscient qu'un séjour dans la cabine suffirait à déclencher un mal de mer en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.
Nous passons un premier bord et mettons le cap au sud. Je m'aperçois que nous dérivons trop au sud et je souhaite alors virer à 180° et c'est le drame.
L'un des bouts qui commande le Génois file et se met à battre joyeusement, de l'autre côté le bout qui tient encore s'est enroulé autour de la passerelle posée sur le pont et bât dans tous les sens comme un dingue. J'enroule le génois et je passe à l'avant. Je dégage la passerelle, attrape le bout et me je m'aperçoit qu'ils sont complètement emmêlés l'un dans l'autre. En même temps que Dilemme accuse une houle de face, je me pose sur la plage avant et je commence à déméler l'ensemble. Après quelques minute à regarder par terre tout en étant secoué, le mal de mer me prends. N'étant plus en état de démêler les deux boûts, je regagne le cockpit et allume le moteur pour reprendre un cap plus confortable. Tandis que je reprends mon souffle et que mon estomac se remets doucement à sa place, nous regagnons tranquillement le port au moteur (honte à nous).
Nous profitons de ces instants pour nous rendre compte de plusieurs choses:
- A l'entrée du port, des vedettes rapides croisent notre route: ils passent devant notre proue à fond sans se soucier des vagues d'étrave ni du code.
- Les seuls plaisanciers à dire quasi-systématiquement bonjour sont les Voileux, seuls quelques amateurs de moteurs daignent faire un signe lorsqu'on les croise.
- Personne ne porte son gilet de sauvetage: nous sommes les seuls sur l'eau à en porter. Ils ne sont peu-être pas indispensables étant donné le vent et la mer mais quand même: nous avons croisé des familles entières avec 3 ou 4 enfants sur la plage avant et sans gilet! Par ailleurs certains n'étaient pas loin de 8 sur des voiliers de moins de 10m, je ne suis pas certain qu'ils respectent le nombre de passagers maximum à bord.
Bref, nous remontons la lagune dans le sens inverse: regagnons le port. Arrivé au niveau de notre place, en marche avant, Dilemme pivote au poil et nous sommes garés correctement du premier coup! Hourra! tout le monde est sauf: le voilier comme l'équipage!!! Je saute à quais, amarre solidement Dilemme, range les bouts, referme le Lazy-bag (qui pour le coup n'a pas servit!), et démèle les bouts du Génois etc...
Je contrôle le reste du bateau: après ce petit trajet retour au moteur la batterie est chargée à bloc, j'ouvre le capot moteur: la cale est pleine d'eau que je vide aussitôt. Je laisse refroidir tout ça et je rebranche l'électricité du bateau. Le frigo redémarre et nous nous prenons rapidement une glace et de grandes rasades d'eau fraiche, nous l'avons bien mérité...
Stage de formation des Glénans Niveau 1, Centre de formation des Onglous - Septembre 2010
Alors je suis arrivé Samedi matin à 9h au port des Onglous sur l'étang de Thau.
Première petite anecdote, le parking de la base des glénans est d'un côté du canal du midi, et leur base est de l'autre côté.
Pour traverser, il faut prendre une barque et godiller pour traverser le canal tout en luttant contre le courant assez important à cet endroit.
Je fais rapidement connaissance avec les lieux: c'est agréable, les gens sont sympathiques.
On me présente rapidement à mes compagnons de fortunes:
- Un sympathique couple de stras-bourgeois qui arrive à la retraire (Jean-François et Josiane): Jean-François a pas mal navigué dans sa jeunesse et souhaite s'y remettre, Josiane se forme pour être autonome en cas de pépin et aider son époux.
- Un jeune retraité de Besançon, propriétaire d'une vedette au Cap d'Agde et qui a envie de découvrir la voile (Yves, membre d'HEO: il se reconnaitra!).
- Et Amir: un jeune parisien de 27-28ans qui a déjà fait un stage auparavant, titulaire du permis bateau côtier et qui charmé par l'ambiance qui règne sera motivé à la fin de ce stage pour devenir formateur à son tour.
- Enfin Hélène, la formatrice que je situerai entre 36-40ans: un enfant, elle a débuté la voile il y a tout juste un an et elle a suivi la formation intensive des Glénans avec 6mois de formation non-stop.
Ce stage est le 4ème qu'elle encadre, le premier d'une durée de 3 jours (elle n'avait encadré que des semaines entières).
Son rêve est de partir pour un an en mer avec sa famille dans 6 ans. Elle a quitté son travail pour se former, lorsqu'elle aura achevé sa formation, son compagnon la remplacera aux Glénans et elle reprendra le chemin du travail en attendant qu'il soit prêt.
Première matinée: inventaire du bateau (un Dufour 325), quand je dis inventaire du bateau: c'est tout le bateau. Des petites cuillères en passant par l'état de toute les voiles, du nombre des bouts en soute jusqu'au grappin de la chaîne de mouillage de l'annexe. Pendant ce temps là nous avons envoyé Jean-François faire les courses au supermarché du coin pour l'avitaillement des trois jours que nous avons à passer ensemble.
La première matinée écoulée, nous mangeons un sandwich à la base, nous faisons les dernières vérifications et nous embarquons enfin à bord du croiseur.
La météo m'inquiète: conformément à ce qui était annoncé, c'est la pétole totale: pas un poil de vent!
Nous décidons de partir pour du moteur, larguons les amarres après avoir discuté 40min de la méthode à employer pour sortir de l'emplacement. Au moment de larguer les amarres, un petit vent se lève (Enfin!)
Hélène la formatrice prend la barre, la manœuvre de port est à moitié foirée et au lieu de faire demi-tour dans l'anse en face le centre, nous sortons en marche arrière.
Ca c'est fait, enfin me direz-vous, nous sortons du canal du midi et rejoignons le chenal de l'étang. Nous en profitons alors pour monter envoyer la GV et le Génois. Le Dufour fait alors montre de toute sa fougue, et toutes voiles dehors nous croisons fièrement à un magnifique 2.5noeuds: même les mouettes en rient encore...
Bref, chacun prend ses marques: nous prenons la barre à tour de rôle pour une séance de Grand Largue, 2h plus tard nous avons atteint la moitiée de l'étang et nous décidons de faire demi-tour histoire de ne pas louper l'apéro prévu le soir même.
Le retour s'effectue au prêt, le vent pointe à 6-7noeuds et les voiles n'étant pas bordées pour ne pas secouer l'équipage: nous établissons un nouveau record de vitesse au prêt serré: 1.8nds. Heureusement le vent fraichi un peu et la moyenne monte à 2.5noeuds au prêt: l'honneur est sauf.
En arrivant au port c'est la catastrophe: l'emplacement que nous avons quitté ce matin est occupé par un Surprise: Damned!
Nous devons alors faire quelques mettre de plus pour prendre un emplacement un peu plus loin.
Point important qui doit être signalé: le centre attendant avec impatience notre retour des mers lointaines pour continuer l'apéro, tout le monde est sur le quai à attendre que les amarres soient fixées.
Nous avançons alors vers l'emplacement désigné et manque de chance: la ligne de téléphone qui passe au dessus du canal, le passe juste devant notre emplacement.
Évidement nous avons touché le câble avec notre mât, heureusement qu'il ne s'agissait que du téléphone car nous avions tous un hauban dans la main pour nous assurer...
Bref, le public impatient de nous voir débarqué nous donne un coup de main et notre bête de course est solidement arrimée en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.
Hop, nous courrons à l'apéro bien mérité après toutes ces émotions: nous avons 30min, après c'est le débriefing.
Debriefing de la journée terminée c'est l'heure de manger: une salade de pattes que tout le monde apprécie le tout arrosé par une bouteille de Rosé des pays de l'Aude.
Vient ensuite vers minuit l'heure de dormir et là c'est le drame. A six dans un voilier avec 2 ronfleurs à bords, je vous laisse imaginer! Devant partager la cabine arrière avec Amir, je suis aux premières loges pour écouter les chœurs qu'il forme avec Yves qui dort dans le carré. A 2h du matin pétante, mes équipiers entament leur chant guttural ressemblant à s'y méprendre à celui d'un troupeau de cerfs en période de Brâme.
De fait, je me réveille en sursaut avec en plus une méchante envie d'aller aux toilettes: rien à faire, il faut y aller!
Je parviens à pousser mon équipier pour m'extraire de la cabine arrière sans diminuer le niveau des décibels qu'il émet, je me faufile jusqu'à la porte de la descente, et je fais le maximum pour sortir la porte sans réveiller personne.
Évidement un grincement strident retenti et je sors du voilier en ayant réveillé ceux qui ont le sommeil léger, autrement dit: ceux qui ne ronflent pas.
Mon affaire terminée, je rentre à nouveau dans mon duvet et j'ai le loisir d'entendre mes équipiers sortir également les uns après les autres pour se rendre aux toilettes. Faut croire qu'ils attendaient tous que quelqu'un sorte en premier...
La deuxième journée commence de bonne heure: 6h30, à 7h03 il faut être prêt pour entendre la météo retransmise par le CROSS. Après un rapide passage par la douche, tout le monde est prêt à l'heure indiquée.
Manque de bol, pas de CROSS au rendez-vous: la météo arrivera 15min plus tard. Bilan, BMS 304 avec Force 6-7 pour l'après-midi.
Pour cette deuxième journée nous avons au programme des manœuvres toute la matinée avec un déjeuner prévu à Balaruc les Bains et une nuit au port de Mèze. Le port de Mèze a la spécificité d'avoir des emplacements délimités par des Duc-d'Albe, nous établissons de suite une stratégie d'approche pour y placer au mieux notre Dufour.
Nous lançons le moteur à 9h15, 40min plus tard nous ne sommes pas parti: impossible de quitter l'emplacement. Décidément les manœuvres de port ce n'est pas le point fort de notre formatrice.
A force de vouloir appliquer à la lettre la théorie, on en oublie le bon sens! Au final, on appelle à l'aide le chef de base qui nous sort de l'emplacement en 2min chrono!
Notre sortie commence donc avec près d'une heure de retard sur le programme et pour couronner le tout Eole est à la bourre lui aussi.
Nous croisons à un très mou 1.5-1.8 nœuds au Grand Largue toutes voiles dehors. Le temps passe lentement et nous en profitons pour faire quelques points de relèvements, de mise à la cape et d'empannages.
Vers 12h30, nous n'avons pas fait la moitiée du chemin et nous décidons de manger en route, je descend dans la cabine avec Yves pour préparer la salade tandis que nos équipiers pratiquent des empannages.
Quelques minutes plus tard nous nous régalons, et une fois terminé laissons la place à nos équipiers.
Après quelques minutes nous faisons une mise à la cape qui permettra à Hélène de descendre déjeuner l'esprit tranquille.
Nous faisons à notre tour quelques points de relèvement avec la règle Cras: franchement je dois dire que ce truc ne m'a pas convaincu du tout. Nous ne sommes jamais parvenu à obtenir avec 3 points un triangle de moins d'un demi-mile de côté.
En à peine 15 minutes, le vent qui soufflait à un petit 3-4 nœuds fait un bon à 15 puis 21noeuds. Et là je me dit: ENFIN!!!
Manque de pot je suis le seul à me réjouir, Hélène nous fait mettre à la cape et nous demande de prendre 2 ris à la GV, puis nous enroulons complètement le Génois et avançons à 1.8 nœuds au près par 20noeuds de vent...
Il est environ 14h, le vent s'étant bien levé Hélène met le cap sur le port de Mèze.
Quelques minutes après, nous voyons un dériveur chavirer et son passager passer à l'eau. Nous mettons le cap vers lui, en même temps je passe à l'avant pour préparer les haussières en vue du prochain amarrage au port.
A son niveau je lui demande s'il souhaite être remorqué: il nous répond que oui et après un petit tour nous le prenons à bord.
L'homme est âgé d'une quarantaine bien tassée et nous regardant équipé de nos gilets de sauvetage nous dit: "Vous me faites rigoler avec vos gilets et vos harnais, moi je n'ai jamais mis un gilet de ma vie!"
Même si les Glénans sont des intégristes de la sécurité, là c'est quand même exagéré: Il a oublié un peu vite qu'il a chaviré au beau milieu de l'étang de Thau et que si nous n'étions pas là, il aurait sans doute attendu de longues heures avant de se faire récupérer.
Nous avançons désormais face au vent grâce au moteur et à proximité de la berge, il décide de remettre son embarcation à flot:
- Il saute à l'eau, agrippe la dérive de son engin et met tout son poids dessus pour faire basculer son dériveur.
- Et là catastrophe: la dérive casse sous son poids au raz de la coque!
- Il remonte à bord et retour à la case départ.
Nous remettons le moteur et continuons vers le port de Meze, nous voyons alors une multitudes de petits dériveurs barrés par des enfants qui s'éclatent devant le port.
Nous faisons de grands signes et le zodiac de l'encadrant fait immédiatement route vers nous. Nous lui expliquons la situation et il accepte de ramener notre naufrager sur la berge.
Nous les observerons alors batailler de longues minutes pour remettre le dériveur à l'endroit pour enfin rejoindre la rive.
Bref, cette histoire achevée sur une bonne note: nous entrons dans le port. Il est dimanche et la capitainerie est fermée, impossible de savoir où se trouvent les places visiteurs.
Nous voyons un emplacement dispo à proximité de la capitainerie et nous nous y engouffrons. Au passage des Duc-d'Albe, nous passons les aussières tandis que les équipiers à l'avant sautent à quai pour y passer les amarres.
Jean-François fait alors remarquer que des amarres sont à poste sur cet emplacement, et qu'il est donc probablement utilisé par un usager du port.
Ce dernier point est ignoré et nous descendons à terre vers 15h10 en se donnant rendez-vous dans 45min pour le débriefing.
Je pars de mon côté avec Yves vers la capitainerie pour récupérer les horaires d'ouverture et nous demandons gentiment à des plaisanciers en plein farniente dans leur cockpit quel est le code pour les toilettes du port.
Nous expliquons que nous sommes des Glénans et que nous là pour la nuit, les plaisanciers nous répondent très gentiment avec le sourire.
Pendant ce temps, Amir a fait cap sur la plage pour un bain rafraichissant tandis que Hélène s'est trouvée une bierre sur la terrasse d'un troquet.
De leur côté Josiane et Jean-François se promènent bras dessus, bras dessous.
Alors qu'Yves et moi cherchons un resto sympa pour le diner, nous voyons un plaisancier rentrer au port bruyamment et faire des tours dans le port.
Comprenant immédiatement se qui se trame, nous regardons dans l'autre direction pour ne pas attirer l'attention.
Le plaisancier hurle aux Glénans et c'est alors que Jean-François et Hélène rejoignent de suite le voilier. Voyant que l'équipage se rassemble, nous faisons de même. Bref, nous avons pris la place du plaisancier, qui n'est pas content et qui fait savoir à tout le monde que les Glénans sont des cons.
Je remonte à bord et on me demande de passer mon gilet de sauvetage pour faire des manœuvres de port, je m'exécute et une fois 5 à bord nous réalisons qu'Amir est à la plage.
Nous envoyons très rapidement quelqu'un le chercher mais sans succès.
Nous sortons alors de l'emplacement sous l'œil agacé du plaisancier qui tourne en rond devant nous.
Après quelques manœuvres ratées en marche arrière, notre chef de bord décide de ressortir du port pour re-rentrer à nouveau.
Au moment de re-rentrer, tout le port est sur les quais le sourire aux lèvres, en train de se payer notre tête: nous voyons un emplacement libre et nous nous y amarrons du 1er coup. (ouf)
Yves saute à terre et prend la direction de plage pour y récupérer notre équipier abandonné à son sort.
Nous voyons alors Amir revenir en compagnie d'Yves, a peine arrivé sur la plage, Amir le sourire charmeur avait de suite attiré l'attention d'une très jolie brune.
Yves arrivant, lui a annoncé "Hélène te demande de revenir tout de suite au bateau!!!". Son "coup" étant brisé dans l'œuf il a dû se résoudre à rentrer à la maison...
Pendant ce temps, le plaisancier colérique est venu nous voir pour faire le gentil et nous apprendre comment faire des nœuds...
Il nous a expliqué alors toutes les méthodes pour rentrer au port. (Aucun commentaire)
Ne voyant personne venir réclamer cette place, nous allons au centre du port pour y consommer une bonne bière bien fraîche et amplement méritée.
Nous revenons ensuite au bateau pour y apprendre que notre place est prise, les plaisanciers étant rentrés pendant notre absence.
Comme ils n'ont trouvé personne à bord, il se sont amarrés sur l'emplacement libre à côté et nous ont très gentiment laissés sur leur emplacement pour la nuit.
Nous débriefons la journée et ensuite prenons place sur la terrasse d'un resto pour y diner d'excellent fruits de mer et autre dorade braisée.
Au cours de la nuit, Amir nous gratifiera à nouveau de ses ronflements généreux: mais étant fatigué je parviens à dormir environ 5heures jusqu'au réveil annoncé à 6h00
Cette fois la météo est en avance: à 6h45 nous apprenons un BMS pour force 7 à 8 de Bear au Cap d'Agde et 4 à 5 du Cap à Port Camargue. Motivé pour ne pas traîner en route, je saute sur le pont: je monte l'étais largable, le Solent, je libère la GV. En 5 min, le Dufour est prêt à appareiller.
Tout le monde est à bord, les ablutions terminées: nous libérons les amarres et faisons cap au moteur vers la sortie du port.
Le vent donne environ 15 nœuds, nous envoyons la GV et le Solent: Enfin, le loch annonce 4 nœuds!!!
Comme il ne faut pas pousser mémé dans les orties, nous prenons de suite deux Ris et croisons autour des 4 nœuds, le vent fraichissant progressivement.
Le vent s'établit alors à environ 20-22 nœuds, la bonne entente règne dans l'équipage et nous réalisons de très jolie manœuvre pour l'étonnement et la joie de notre chef de bord.
Nous sentant à l'aise, Hélène donne le cap au près serré. A la barre, je demande à mon équipier à la GV de border au maximum: le voilier prend de la gite (15° environ) et file maintenant à un bon 4.5 nœuds.
Les sensations sont bonnes, même mes équipiers craintifs devant tant de gite commence à prendre du plaisir. Nous passerons la matinée complète à croiser sur ce rythme, pour le plus grand plaisir de tous (surtout du mien!)
Juste avant de rentrer au port, nous affalons les voiles, lançons le moteur et faisons route vers le quai.
Au moment d'entrer nous apercevons une péniche qui arrive dans le sens inverse et nous décidons de faire demi-tour.
Après quelques minutes nous ne voyons pas sortir la péniche en question alors nous avançons pour voir ce qui se passe:
La péniche a tout simplement embouti l'une des nombreuses épaves flottantes qui bordent le canal!!!
Au bout de quelques minutes, elle entre sur l'étang de Thau et nous nous engouffrons dans le canal.
L'emplacement approche, alors que nous pensons réaliser une simple marche avant pour notre mettre à quai, aux Glénans nous choisissons toujours la facilité: c'est une marche arrière qui l'emporte!
Après moult essais et le voilier fini quand même par tourner dans le bon sens, et termine sa course amarré comme il se doit pour 12h30
Vient maintenant le moment tant attendu du démontage et de l'inventaire: après avoir passé 4h le premier jour à tout inspecter, nous remettons le couvert pour cette dernière demi-journée. A 16h tout est terminé, nous passons la dernière heure à faire un entretien individuel avec le chef de bord pour conseiller les stagiaires.
En ce qui me concerne, Hélène pense que j'aurai sans doute dû m'inscrire directement à un stage niveau 2. Je pense également que le stage niveau 1 s'adresse à ceux qui montent sur un voilier pour la première fois. Je n'ai pris réellement du plaisir que cette dernière demi-journée avec son vent sympathique et surtout des voiles réglées pour faire avancer le rafiot.
NOTRE DEUXIEME SORTIE
Après quelques mois passés loin de notre bon DILEMME, nous avons profité d'une fenêtre météo favorable après cette vague de froid et de neige pour certains, pour quitter Toulouse ce week-end de début décembre et rejoindre Port Leucate.
Mi-Octobre, une forte tempête a balayé le Languedoc-Roussillon. Au cours de cette tempête, le vent puissant venant de la mer conjugué à la dépression a fait monter le niveau d'eau du port de 1m!
Les dégâts ont été limités mais quelques pontons et Catways ont souffert, dont le mien.
Après la tempête j'ai reçu un coup de fil de la capitainerie de Leucate m'avertissant que mon voilier allait être déplacé pour deux raisons:
- La tempête a cassé le catway où est fixé DILEMME
- Il était prévu dans quelques mois de refaire tout le quai, d'y supprimer les voilier pour y mettre des yatchs et autre grosses unités.
Conclusion de l'histoire, mon voilier se trouve déplacé des quais aux pontons: sur ce point j'y gagne au change, DILEMME jouissant d'une borne eau/électricité juste au pied de sa proue. De plus il se trouve mieux protégé du vent. Par contre le chemin entre la voiture et le voilier se trouve rallongé d'une petite centaine de mètres... On ne peut pas tout avoir.
Revenons à notre petit week-end: nous partons de la maison vers 10h45 et arrivons à Leucate à 13h30. La météo ne s'est pas trompée, le temps est magnifique et la vue dégagée sur les monts enneigés des Pyrénées est vraiment fabuleuse. Nous ne sommes pas les seuls du même avis puisque de nombreuses voiles pointes à l'horizon.
Bref nous découvrons notre nouvel emplacement coincé entre une vedette et un Tarentelle, découvrons un DILEMME qui visiblement se porte assez bien et nous mettons le couvert.
Pendant que Ludmilla prépare le repas, je m'affaire à préparer la sortie en mer:
- Je rebranche la batterie
- Je sort la GV de son Lazy-bag et passe les coulisseaux dans le rail
- J'ouvre les vannes de refroidissement moteur et la vanne du réservoir de gasoil
- Je range un petit peu les drisses et bouts qui trainent et hisse le pavillon bleu-blanc-rouge.
15h00, nous largons les amarres sauf une (sic!) qui me permet au cours de la marche arrière de pivoter autour et donc de ressortir dans le bon sens directement sans avoir à subir de nouveau les affres de cette manoeuvre redoutée :)
Nous sortons lentement du port sud, et le vent étant très faible je hisse la GV vent arrière dès l'entrée dans le chenal. Nous remontons le chenal lentement (20min) et nous entrons en mer pour y trouver une mer lisse, pas un poil de vent, pas de vague: juste une douce berceuse et une vue dantesque. Un régal, sauf que sans vent on n'avance pas! C'est alors que retentie l'alarme surchauffe du moteur, il est vrai que le débit d'eau à la sortie du circuit de refroidissement me paraît plus faible qu'à l'habitude. Il est probable que les algues qui commencent à fleurir sur la coque obstruent un peu l'arrivée d'eau. Je coupe le moteur de suite et j'ouvre les trappes de façon à le refroidir rapidement.
Nous voguons alors avec toute la toile dehors à la vitesse de 1 voir 2 noeuds et le soleil déclinant nous invite à reprendre le chemin du port. Afin d'éviter de relancer le moteur, nous rentrerons à la voile et le moteur ne sera démarré qu'à l'entrée du port.
L'entrée à l'emplacement ne sera qu'une formalité, et mon amie en profitera pour courrir aux toilettes: toute cette eau, ça donne des envies... J'amarre DILEMME à nouveau, et je range tout ce qui doit l'être. Au final, la météo et l'expérience aidant, cette deuxième sortie se sera passée dans des conditions bien plus calmes et favorables que notre première, nous sommes rassurés et très contents.
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