En 2007, un projet scout d'aide au développement m'avait conduit, en compagnie de deux amis, à Madagascar où nous avions réalisé du suivit d'action dans le domaine agricole. Quand l'un de ces amis m'a proposé de retourner à Madagascar cette année pour réaliser un reportage, j'ai tout de suite accepté.
Je ne savais pas encore que j'allais réaliser un site pour présenter le reportage. Ce qui m'a décidé, c'est la rencontre dans la rue avec un jeune enfant qui m'a arrêté et demandé de le prendre en photo. Notre contact malgache m'a alors expliqué que cet enfant pensait qu'il allait devenir célèbre parce que son portrait pourrait être ainsi publié dans les journaux du monde entier. Je n'ai pas le pouvoir qu'il me prêtait, mais cette anecdote m'a poussé à créer un site pour permettre à son image et à celle de tous ceux qui m'ont laissé les photographier d'être diffusées.
Tout au long de mes pérégrinations, une idée, formulée ainsi par Sebastian Junger à propos de Reza, m'a accompagné :
"Reza, comme certains autres journalistes, comprend que ces personnes pourraient être l'un d'entre nous. Seul un caprice de l'Histoire nous a épargnés du sort de ceux qui sont au cœur de nos reportages. Les photos de Reza racontent cela de manière puissante et subtile, et sa compréhension de l'Humanité l'oblige à témoigner d'une manière qui va au delà de ses devoirs de journalistes."
Je tiens à remercier pour leur aide :
- Vincent, mon coéquipier et ami de longue date pour l'organisation
du reportage, sa présence, sa solidarité, et tout simplement son
amitié.
- Micheline et la famille de Hoby, chez qui nous avons été logés, nourris et blanchis. Leur gentillesse et leur accueil à Ivato ont été primordiaux pour l'organisation de notre reportage.
- Jack/Rudy, son frère Karl ainsi que leur famille à Tamatave qui nous ont accueillis durant notre périple. Un grand merci à eux. Un duo de guides hauts en couleur.
- Th. Germain et son équipe
- Ainsi que Carina pour son soutien et ses conseils constants.
- Léa, mon amie, pour son immuable patience et son soutien indéfectible
- Sans le travail effectué avec le groupe de gym's et leurs entraîneurs je n'aurais jamais réussi à photographier de cette manière. Je tiens donc à remercier mes "pitchounes", ainsi qu'Olivier, Stéphanie, Stephen et tous les autres pour m'avoir accepté et intégré dans leurs équipes.
Enfin, je dédie ce reportage à mes parents sans qui rien de tout cela n'aurait été possible.
Quelques jours avant mon départ pour Madagascar, mon amie m'offre un livre de Reza pour mes 24 ans, Entre guerre et paix . Dans ce livre, beaucoup d'images et de propos m'ont marqué mais celle qui a marqué mon esprit aura été la photographie que je vous présente. La gravité du regard de l'enfant en dit long sur l'Humanité et la sensibilité de Reza.
A propos de cette image, il a écrit :
" Elle était là, petite touche de couleur immobile dans la grisaille froide de la guerre. Sans un mot, sans un geste, elle vendait ses jouets, témoins d'une vie perdue. Je me suis senti profondément démuni face à cette injustice de l'humanité qui contraignait une fillette à vendre ce qu'elle avait de plus précieux, les compagnons de son enfance. C'était dans un Sarajevo assiégée que je l'ai vue lutter en silence. "
Cette capacité à garder cette sensibilité exacerbée même sous le danger le plus extrême fait pour moi de Reza un photographe différent de beaucoup, un exemple.