Compresser les images
Effacer les traces et les souvenirs
Ne garder que l'émotion
Ces images c'est un voyage. Mon voyage. Une parenthèse dans une vie où tout va vite. Trop. Une aventure humaine. Un concentré d'émotions, de rencontres, de lieux. Compostelle, pourquoi ? Pourquoi pas. Avant d'être un pèlerinage connu, reconnu, sacré pour les uns, mystique et mystérieux pour les autres, le chemin de Compostelle est d'abord une route sur laquelle on marche. Point.
Faut-il être croyant pour comprendre et ressentir tout ce que ce chemin cache, donne, offre... et reprend ? Oui, absolument, il faut croire. Croire qu'il va faire beau demain, croire que le prochain gîte n'est plus très loin, croire que l'on marche déjà depuis trois mois, croire que cette fille est belle, croire que la vie c'est ça, croire aux rencontres, croire que ces larmes sont des larmes de joie, croire qu'on ne rentrera pas... Il paraît même que certains croient en Dieu.
Je suis athée. Vraiment. Une amie croyante - vraiment - m'a dit un jour : "Pour être athée à ce point, tu dois avoir une foi incroyable !" Mais alors, bon sang, qu'est-ce-que je cherche sur ce chemin puisque ce n'est pas Dieu ? Moi, les autres ? Les autres, moi ? Oui, ça doit être ça, je pense vraiment que le chemin, ce sont les autres. J'aime les gens qui marchent, les rapides, les lents, ceux qui vont loin, ceux qui en viennent, ceux qui y retournent... Mais alors pourquoi Compostelle ? Pourquoi ce chemin, pourquoi celui-là et pas un autre ? Si seulement j'avais la réponse...
On dit qu'il ne s'arrête jamais. On dit que le vrai chemin commence au retour. Dans la tête. C'est vrai. C'est long...
Michel Madona
Il y avait le temps... le temps de l'espace... et aussi l'espace du temps. Il y avait des événements figés... des déclics... l'espace dune obturation, le temps était figé... certains appellent photographie ce moment si précis... l'instant vu donc vécu, uniquement un présent interprété par celui qui le regarde une seconde, une heure, un jour, un an, cent ans plus tard toujours le même présent ressenti dans un autre instant présent. Les événements se succèdent, se figent sur des papiers, des écrans, dans des mémoires machines et des mémoires humaines Prenez ces fragments d'histoires quels qu'ils soient, isolez chacun d'eux pour mieux les rassembler dans une autre réalité que la leur... Ces images se détruisent les unes et les autres... recomposent l'impossible compression de l'éternité... toujours et encore revenir sur le même négatif... en retirer un positif, les couleurs de la naissance, de la vie, et de la mort... la thèse et l'antithèse... le réel et l'imaginaire... la photographie est une mémoire à accès aléatoire... RAM.
Tiburce
Réflexion sur la Compression des espaces visuels. Novembre 2008
Couleur Douleur
Présence Transparence
Voir sans savoir
S'engager sur le chemin de l'ignorance avec la peur ou l'espoir de s'y perdre. Ne pas revenir en arrière. Avancer. Avancer toujours, au mépris du danger de soi-même. Avancer vers dautres mémoires. Marquer son empreinte sur le temps, l'espace, l'infini.
Image miroir - Reflet de vertige
Deviner chaque parcelle et percevoir l'alchimie de l'émotion, du vouloir, du hasard.
Se reconnaître dans cet écho complexe, tourmenté.
Image illusion
Vitrail illuminé d'un soleil intérieur où l'irréel se fait intensité. Concevoir l'abstrait. Plonger et ressentir les vibrations d'un vécu offert en miettes à reconstituer. Offert mais caché ! Se perdre dans les détails ? éplucher chaque cliché ? ou s'enrichir d'une vision globale et éblouissante ?
Négliger le pourquoi du comment. Se laisser envahir par un sentiment. Y voir un esprit dévoreur de présences, d'humanité, d'intemporel.
Violence d'un rejet Violence d'un désir
Violences accumulées et jetées sur papier brillant.
Trouver la paix. Se poser. Donner. Et avancer
Marie Monchaux
Compressions visuelles
Tirages uniques
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