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Ghislain Hammer
Biographie
Ghislain Hammer - neé le 28 oct 1978 aà Nice
En juillet 1993, il rencontre à Biarritz une anglaise de Cornouaille, Sarah Mac Nocham, de quatre ans son aînée, qui décèdera en septembre, noyée. Elle deviendra sa muse.
C’est en 1997, par l’intermédiaire de son professeur de lettres, Monsieur Breloy, qu’il se lance définitivement dans l’aventure de l’écriture. Ce sera la poésie. Dès lors, il s’investit totalement à son entreprise, il composera plus de 350 poèmes regroupés dans un recueil qu’il appellera Le livre vert ou les poésies terriennes, deux années lui suffiront.
Dans le même temps, il se rend régulièrement au cercle Alienor, cénacle poétique à l’étage du célèbre café Lipp, sur le boulevard Saint-Germain qui lui inspirera La femme assise. Viendra une pièce de théâtre Les lois naturelles, écrite en vers classiques; puis naîtront nombres de chansons inspirées en autres par Brassens, Brel, Ferré.
En 2000, il croise le chemin d’une fille de sept ans plus jeune, Nawelle, La “naja de France”, qui accouchera le 29 novembre 2002 d’un petit Enzo. Simplement trois mois après sa naissance, le couple se sépare, l’enfant ira chez son père. Cette même année, il croisera au Procope, l'écrivain San Antonio qui lui avouera de sa Poésie toute son estime.
Durant l’année 2003, il revient à son premier amour, la poésie, il écrit Les colosses nus (sa définition du poème : un colosse nu, comme une force dans une forme.) dans l’enivrement et l’éclatement de toute réalité, propice aux folles résonances. Le livre sortira en novembre 2007. Cette même année 2006, Ghislain Hammer écrira "Le Lutin de Paname", un nouveau théâtre en vers néoclassiques.
En 2008 et 2009, Il composera un rajout d'une soixante de poèmes aux Colosses Nus, l'oeuvre complète est prévue pour la fin 2010.
Aujourd'hui, le poète dramaturge s'attache aux "Réflexions", son nouveau projet de recueil de poèmes. Il écrit également un théâtre comique, "Trou de balle" - pièce en trois actes et en vers classiques - qu'il espère voir représenté en 2011 sur Paris.
Son écriture dit-il est une comédie des joies et des peines. De la situation burlesque (La chamelle et le pingouin) à la fantaisie (Le brave Monsieur Gaston;La paire de grolles) en passant par les drames de la vie (Sarah-Fish; Mendiants) et l’engagement (Sonnet d’un résistant; l’uniforme; La fin des hommes), sa plume est à son image, imprévisible.
A 30 ans, l’auteur de "Sur un plateau verdi", "Le mat démon", "La vie dans l'Homme", "Lux in rosae" a déjà parcouru un immense territoire.
Son livre, LES COLOSSES NUS est un étonnant voyage entre vers classiques et vers néo-classiques, un livre salué par l'ensemble des salons parisiens.
Le livre
Quatrième de couverture
Ghislain HAMMER regroupe ici 140 poésies composées à sa quasi-majorité entre 2004 et 2007. Son oeuvre poétique classique déboussole jusqu'à l'absence de numérotation des pages. A Seulement 29 ans, ce jeune poète parisien vous emporte dans une comédie de joies et de peines, dans une puissance rarement égalée. Nous sommes ici comme au centre d'une tempête « qui parle à la raison et chante à la folie ». De la mélodie des vers à la profondeur des textes, le surnommé Lutin de Paname semble en cet Art noble avoir trouvé une réponse à ses longs et hauts Questionnements existentiels. « Les Colosses Nus » ou la force dans la forme est un véritable chef d'oeuvre.
Bruno Decroix
LES COLOSSES NUS
140 poésies
120 pages
15 euros
(frais de port compris)
Epuisé
En 2010, sortie de l'intégrale du livre Les Colosses Nus.
Extraits du livre
Les Colosses Nus
LA CONFESSION DES DIABLES
Assis au premier rang, les diables silencieux
Avaient tous retirés leurs cornes respectives,
Et tous étaient présents, tous hormis l'un d'entre eux
Prié par l'assemblée d'assécher ses salives.
Ils plaisaient au missel déposés sur leur banc
Que chacun eût à coeur d'ouvrir sans plus attendre;
Et chacun tout à coup prit un air plus vivant,
Certains même déjà un air joyeux et tendre.
Quand le prêtre monta sur l'autel ce dimanche
C'est avec la pâleur de sa tunique blanche
Et le timbre égorgé qu'il prit la voix de Dieu,
Exhortant le pêcheur à croire encore au feu;
Et c'est l'âme embêtée qu'il sortit, corrompue,
En Laissant s'échapper sa grande queue fourchue.
SPARTACUS
Je combattrai à vie le feu de l'oppresseur,
Crois-en ma volonté qui n'en fut jamais lâche;
Je sortirai du dos ma plus glorieuse hache,
Celle-là même qui fit tomber plus d'un coeur.
J'irai trancher le cou du terrible empereur,
Je montrerai sa tête au peuple qui l'a crache,
Puis lui la lancerai pour que toujours il sache
Qu'elle n'a pas été plus grande que les leurs.
Je te promets du sang venu de mercenaires
Qui rougira les eaux de nos vertes rivières
Pour atteindre la Rome et le seuil du Palais;
Et quand ce jour viendra où je l'aurai en face,
Quand il saura sa fin, avant de le tuer,
Je voudrai tant qu'il voit sa tendre populace.
LE PARFUM DE MIASME
Dès notre union levée, debout jusqu' la canne
Et jusqu'au dernier jour tu m'as cassé les pieds,
Et voilà qu'à présent tu me brises le crâne;
Même au fond du caveau je n'aurai donc la paix !
Cela fait si longtemps que tu me décomposes
-Comme dans un tombeau j'ai vécu dans ta main,
Et bien qu'aujourd'hui nos miasmes m'indisposent
Il reste en cette odeur beaucoup de mon parfum.
Si ton corps était frais, cette chose craquante,
Je me demande encor par tous les Saints du ciel
Comment morte peux-tu demeurer si vivante;
Ah parlez-moi Seigneur d'un repos éternel !
J'ai souvent désiré à ce qu'on m'incinère
Et qu'on jette ma cendre au-delà de la croix;
Notre alliance a toujours vécu six doigts sous terre,
C'est hélas un peu tard que je m'en aperçois.
LE BOIS JAUNI
C’est de retour d’un meurtre agréable et sans cri
-Un simple étranglement sensuel et plein d’âme,
Que, coupant par le bois, le sombre bois jauni,
L’assassin trébucha sur un morceau de femme.
Il devait être alors le milieu de la nuit
Tandis que la petite engloutie par le drame
Sauta du pont de fer traversant le Maudit
Et s’abîma dans l’eau ainsi que d’une flamme ;
Et le tueur plongea sauver ce coeur victime,
Et quand il le tira sur la berge, il le vit
Qui raconta beaucoup avec si peu de lui.
Puis leurs yeux encordés, l’instant devint sublime
Car l’on a retrouvé hormis un corps sans nom
Des tâches qui tendraient à serrer leur union.
BLOC OPERATOIRE
J’ai quelque temps cru m’endormir
Cloué sur un lit de torture
À entendre aller et venir
Des voix rieuses sans mesure ;
Et chaque soir sur mon chevet
Ustensiles d’anatomie
Patientaient que me fasse effet
La fiole lunaire subie ;
Et chaque nuit la médecine
Écartait ma blanche poitrine
Cherchant à comprendre pourquoi
Ce coeur d’apparence idyllique
Dans celui d’un être identique
N’eut pas opéré jusque-là.
SENSATION
Un moment au soleil, près d’autre part…tout près…
Le Rêve avait touché ma paume et ses ravines,
Et nos mains réunies nous allâmes baigner
Dans un lit de jersey nos sensations coquines.
La chair coulant à flots dans le gosier drapé
Nous vîmes alentour des couleurs éprouvantes…
Car nous lisions l’éveil des yeux déboutonnés,
L’essor des ombres d’or aux courbes bouillonnantes.
Nos corps parlaient entre eux, captivaient les voyages,
S’en promenaient, secrets, par les vertiges amples;
Quand dans l’égarement des étendues sauvages
-Nos esprits confondus ornant l’écho des temples,
Alors que nous courrions les hauts lieux de la vie,
Nous fûmes soudain seuls et presque à l‘agonie.
PAYSAGES D'AMOUR
Quand loin de ton regard s’est posé mon envol
J’ai malgré moi compris sa grandeur valeureuse ;
Bien qu’un mal du pays, mon âme extra-pleureuse
Au fond d’elle tenait comme un ciel au sol.
Car ailleurs j’ai, pourtant des parfums plein le col,
Découvert ton absence immense et saccageuse ;
Et revenant l’odeur la plus vaste et goûteuse
Déjà était ancrée depuis le Printemps fol !
Bien sûr l’île était belle et j’en garde l’image
D’une terre d’azur sublimement sauvage ,
Encerclée par tes yeux d’un bleu resplendissant.
Cataractes, forêts, lacs, profondeurs et cimes,
Cela n’a rien de plus que tes lèvres ! Souvent
Même bien moins, perdus dans nos moments intimes...
UN RONDEL DANS LA TÊTE
N'ayez peur si je vous embrasse,
Ceci se peut prochainement
Car c'est hélas si récurrent
Qu'en vous rêvant cela se passe.
Ne souriez que peu, de grâce,
Rêver n'est pas un compliment,
N'ayez peur si je vous embrasse
Il semble que je sois enfant,
Qu'un simple môme dans l'espace
Parlant l'étoile aveuglément,
Vous aimant juste infiniment
Et mourant à peu près sur place.
N'ayez peur si je vous embrasse.
LA PAYSE
Nu, sur la mezzanine en bois d’Amazonie,
Oblique et raide ainsi que des poutres souffrantes,
Je vous voyais couper à travers la prairie
Dont votre robe blanche empruntait les hélianthes.
Ventôse soufflait fort sur le fenil d’argile,
Si fort que vous n’aviez pu suivre mon appel,
Continuant d’aller comme un crambe gracile
Vers mon éloignement expansif et cruel.
Ce soir la fourche des rayons crépusculaires
A cette étrangeté des prismes miroitants
Qui retournent mon coeur brûlé par ces fermières
Heures, lactescentes, aux hectares riants.
Vous partiez tel Phoebé vers l’obscurité blonde,
Traînant derrière vous des sillons orangés
Que je reçois encor dans la grange féconde,
Sur l’oreiller de paille où nous rêvions assez…
REGARD SUR L'ADIEU
Quatorze ans que déjà tout fut d’'un soir nouveau,
Un soir omniprésent planté d’'étoiles roses
Qui m'’éventra malgré ton visage de dos
Pour étendre à mon coeur de vagues ecchymoses.
Ta blancheur d'’aujourd’hui ondule intensément
Comme la mer d'’hier sur mes joues rocailleuses;
Le regard des adieux s’'est brisé violemment
Que j’'en sais maintenant des folies amoureuses.
Tes yeux pourtant clos fascineront sans fin
D’'illuminations les époques prochaines;
Et des plages ambrées aux cheminées des liens
Etaleront tout l'’or des scènes souveraines.
Rouges, dans le ciment, nos doigts s’imbriqueront
Où viendra s’'y asseoir la colombe angélique
Des bonheurs aériens, pris sous une chanson
A l'’extraordinaire et divine musique.
LA VEUVE MAQUILLEE
La veuve maquillée dansait sur le guignon,
La robe noire et fleurs au vent livrant des jambes
Parfaites de trente âges
Que j'en ai par secousse encor les yeux qui flambent ;
Cétait pourtant jadis, dans mes années volages
Et de décontraction.
Son époux de marin, mourant de liberté,
Un requin dans la gorge, hélas laissa la femme
Seule au bras du rivage ;
Et tandis que sa cendre alimentait la lame
La veuve dévoilait du haut de son corsage
Les restes d'un passé.
Et j'étais là, derrière, habillé de mon coeur,
Pensant qu'aucune mort jamais ne fut si belle
Depuis bien des naufrages ;
J'étais là, aux embruns de la grandiose stèle,
Appuyé contre un mur de mille et une images,
Chavirant de bonheur.
L'homme la lèvre éparse, et la gerbe au courant,
La veuve maquillée reposa sa tristesse
Sur mon torse, au virage ;
Face à tels éléments, nous fûmes une messe,
Si petits qu'il fallut pour tourner cette page,
Mon fils, faire un enfant...
Photographies
"Jardin de la fontaine" à Nîmes
Castelbouc en Lozère
Nîmes
La cave à poèmes à Paris à l'occasion de la présentation du livre "Les Colosses Nus".
Le Lutin de Paname
Photo du livre "Les Colosses Nus"
A Sainte-Enimie en Lozère.
Le livre.
Le livre "Les Réflexions", nouvel ouvrage de Ghislain Hammer
Contact
par email
Golden book
ghislain.hammer_gmail.com
Les reflexions
Recueil de poesies
Bye les Colosses Les réflexions
"Où iront-ils tes beaux, tes fiers Colosses Nus ?
Ta poésie, tes vers, et toute ta jeunesse ?"
Pour la première fois, je sais que par-dessus
Mon écriture un être au fond de moi s'adresse.
Pour la première fois, une femme comprend :
Mais qui es-tu enfin, le Lutin de Paname ?
Elle me dit : "Je t'aime, à demain simplement,
Mais la lune a ce soir tout d'une grande Dame."
Pour la première fois, même seul je suis deux,
Et j'écris au pluriel la beauté singulière;
Pour la première fois, je suis tant amoureux
Que son ivresse à moi baigne dans de l'eau claire.
Pour la première fois, mes fiers Colosses Nus :
Ma poésie, mes vers, et toute ma jeunesse,
Suivront d'autres chemins à jamais inconnus.
J'ai si souvent écrit sans vivre et sans sagesse.
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LA VIE DANS LHOMME Les Réflexions
Jour premier : La naissance
Il m'a poussé l'envie en ce milieu de lune,
Attablé dans un rêve et servi par l'esprit,
De croquer l'existence et laisser sur le lit
Ce qui n'est véritable ou qui ne soit fortune.
Jai tant écrit, bien plus que les journées ne passent,
Et le rêve, un seul rêve a changé la valeur.
Il ma dit : « Servez-vous, je suis l'exécuteur,
Je construis et détruis la vie, selon vos grâces.»
Et je l'ai pensé juste et libre et responsable,
Et je me suis permis à d'impossibles Moi;
Toute la nuit se mit alors à marcher droit
Sur un nouveau réveil infiniment capable.
La nuit dernière est là, elle n'est pas éteinte,
Je la sens dans ma tête autant que sous mes pieds;
La Belle est bien trop forte, et pris sous ses clartés
Je sens être l'enfant de sa poitrine enceinte.
Et il m'est revenu soudain dans ma mémoire !
-Qui ? Un vieux souvenir, un Poème Perdu :
« Le rêve, conta-t-il, descend le jour venu,
Vous pourrez le croiser, mais il faudra y croire ! »
J'ai ce matin jeté l'Autre par la fenêtre,
Je n'irai jamais plus que vers les Essentiels;
J'écrirai moins mais vrai, mes mots seront des Ciels,
Car je dois me servir de ce que dit mon être.
Ô rêve ! Ô bâtisseur ! Ô pouvoirs de nos âmes !
Je sais l'Homme puissant au-dedans de l'esprit,
Quand déchargé du corps trop contraignant pour lui,
Il revient de la nuit plein d'ors et d'oriflammes.
Cest ainsi, mon enfant, je pars vivre la Terre,
Ce voilier, le vois-tu ? Cest le mien, il m'attend.
Il a besoin de moi bien plus qu'un moindre vent,
Il se prénomme NUIT, et n'a pas de frontière.
Deuxième jour : L'enfance
Autour de moi la mer, qu'elle, et ma latitude,
Et l'étrange horizon dun rose enthousiasmant,
Porteuse d'équipées. Ah qu'en ce matin prude
L'aube prit son envol impérialement !
Et tout le jour durant n'a été que conquêtes,
Propagation dun trône et somptuosité !
Et les sillons danseurs s'organisant des fêtes,
Endéans de ce jour tout fut qu'un grand ballet !
Je file nulle part mais le coeur sur la voile,
Lors le rêve d'hier acquiert un sens profond;
Qu'où mentraîne le NUIT si je suis son étoile,
Qu'importe l'univers dans mon champ de vision !
Un peuple m'a parlé, la Tribu des « Silences »,
Je les entends encor cogner mes deux hublots,
Ils m'accompagneront, ils sont mes matelots;
Autour de moi la mer, qu'elle, et mes importances.
Les jours suivants : L'adolescence
Une barbe a surgi du creux de mon visage,
Tandis quun tourbillon s'est soudain mis à flots.
Sauvagerie ! Tourmente ! Ivre des météos,
L'océan s'est ouvert, confinant mon voyage.
Assailli de tous bords, restreint à l'habitacle,
Sans plus mes matelots, sans plus sentir le NUIT
J'ai eu peur, j'ai eu froid, et j'ai eu l'Infini,
Mais mon corps demeurait le plus saillant obstacle.
Il n'eut pas que les eaux ni leurs pieds de géantes
Qui vinrent se briser de mes quatre regards,
Les charniers aqueux n'étaient pas moins bavards,
Et j'ai cru quelque fois en des ombres passantes.
Et tout s'est arrêté, tout à repris sa place :
La mer sa platitude et le voilier son cours;
Puis elle est apparue au carreau, sans discours,
Et je lui ai souri tout le court face à face.
Puis elle est repartie en m'offrant, généreuse,
Une nouvelle voile, un nouveau mât, du vent;
Thétys avait ouï mon rêve, assurément,
Et m'avait joliment coupé ma barbe affreuse.
Les mois suivants : L'adulte
J'ai roulé sur les mois sans plus déléments sombres,
Tout ne fut que douceur, mousse et ravissement;
J'ai détruis, reconstruis par-dessus mes décombres,
De chaque coin de mer et bout de continent.
***
Avant midi, j'ai mis le NUIT dans une crique,
Et je me suis assis sur le sable doré ;
L'eau turquoise lécheuse accolait ma fabrique
Dorganes tel le vent dans chaque palmier,
C'est alors qu'attiré par un bruit de ramille
Je me suis retourné, happé de l'intérieur,
J'étais seul, constatais-je, aussi seul que cette île,
Mon corps avait encor l'esprit navigateur !
Mais en réorientant mes yeux sur le rivage,
Jai cru l'île et le vent en vouloir à mon sort :
Car mon voilier partait, et j'étais sur la plage
Ainsi que d'un otage, et jétais à Nul-Port.
Puis le NUIT disparut derrière un mur de roches,
-Seuls mâts et pavillon levaient leurs adieux,
Il partait comme on veut qu'il le soit pour nos proches,
Et je suis resté fort, muet, respectueux.
Le bateau, du zénith jusqu'au soleil orange,
N'a cessé de voguer dans mes pensées d'amour,
Et j'ai eu l'impression que mon sommeil étrange,
Mon rêve, avait fini au centre de ce jour.
J'ai parcouru le globe ambitieux que de vivre,
De pauvres en nababs, de rois en miséreux ;
Et des pales tambours aux instruments de cuivre,
Tous se sont rassemblés à mon passage, heureux.
J'ai à cette heure-ci réalisé mon rêve,
Je devais le croiser : Le NUIT fit son réveil,
Il était de retour, accosta sur la grève,
-Et ce que j'ai vu lors fut juste sans pareil !
Un livre y descendit, en rang, page après page,
Je n'avais pas écrit que ce petit journal,
Ces quelques sentiments, mais bien davantage,
Car l'ouvrage du songe est toujours colossal.
C'est devant un feu vif, aux mains des aventures,
A la vue du plaisir et des contentements
Que je vous abandonne à ces mots minuscules
Face à de si profonds et hauts enchantements.
Le retour : La vieillesse
Si l'azur aujourdhui sur mon jardin grisonne
Sa laine est tel un masque et sa pluie confettis,
Quand hier je ne voyais que tristesse et ennuis
Lors dedans l'enclos vert tout vibre et carillonne.
Je contemple dehors, par ma fenêtre ronde,
La silhouette du NUIT, roi, sous le projecteur,
L'aventureux ami touchant l'ouest enjôleur,
Je contemple et je sais sa mémoire féconde.
Cest ainsi, mon enfant, tu pars vivre la Terre,
Tu es grand à présent, ce voilier t'appartient,
Nul-Port t'apparaîtra au bout du grand chemin,
Ton rêve est à construire et n'a pas de frontière !
En plein milieu des eaux tu croiseras mon ombre,
Et je te saluerai, et tu me salueras,
Et je te crierai : « Vie ! », « Envie ! » tu répondras
Et je te donnerai la couleur en grand nombre.
Va caresser ton coeur que ton désir veut lire,
Sens-toi libre une fois, respirer une fois !...
Il y a dans le rêve une petite voix
Qu"aucun livre jamais ne pourra mieux décrire.
Il m"a poussé la mort en ce milieu de lune,
Dans ma chaise à bascule, épris de souvenirs :
Le NUIT , les matelots, Nul-Port, et la fortune,
Je suis parti rêvant des plus beaux avenirs
LUX IN ROSAE Les réflexions
Sur quelque territoire, ou terrestre ou marin,
De l'équateur : Le cri, au silence des pôles,
Jamais je n'ai connu dans le monde chemin
Plus souple ni soleil plus doux sur mes épaules.
Je vais l'enseignement et sens étrangement
Que ce sentier m'entraîne au-delà des voyages,
Des espoirs les plus fous, de mes rêves d'enfant,
Par delà l'aventure et les grands paysages.
Je marche sur mon coeur battant d'éducation,
Et grimpe sous les yeux des remparts de lumière,
Je marche sur l'Amour et ma résurrection,
Je grimpe vers les cieux de l'extraordinaire.
Ô souliers de Nature ! Ô rosae crucis !
Emmenez-moi trouver « l'Ame du Monde » comme,
Pour que je puis savoir et transmettre à mon fils
Qu'il est au bout de Soi un paradis dans l'homme.
Sis là-haut dans mon sang Là-haut mon sang doré,
Tel un sphinx invisible au front des connaissances,
Je me découvrirai tout un corps glorifié,
Et de naître et mourir adieu les distances !
Le corps est dans lesprit, la Terre est dans lesprit !
Lors jentrouvre ma chair, cette table à ouvrages,
Et je vais où je sais qu'on croise lInfini :
De mon âme et sa Tour Dieu m'envoie des messages.
De cette Intelligence issue de lUnivers,
Ma foi veut sinitier, ma foi philosophique ;
Je l'entends qui m'appelle, et voici donc ces vers
Qui s'avancent heureux dans un souffle mystique.
Je vais, explorateur du mystère secret,
Enfoui comme un Trésor, vaste comme l'espace,
Là-haut, m'en suivez-vous, l'homme est divinisé,
Et chaque homme qui veuille y possède sa place.
Ô Dieu ! Ô Création ! En moi et dans le Tout,
Humble, j'étudierai Vos lois de la Nature,
Et je les comprendrai, car mises bout à bout
Non que Votre bonheur mon âme en sera pure.
Je ne suis quau début de mon initiation
Que déjà le Ciel se mélange à la pierre,
Et déjà je discerne un bond d'évolution
Compénétrer mon âme et toute la matière.
Ô Dieu ! Ô Perfection ! Oh que je Vous entends
Essaimer Votre voix en moi et dans les vides.
Car Vous êtes l'espace et Vous êtes le temps,
Car Vous êtes la masse et toutes pyramides.
Oui que je Vous entends, tel dans le vent 'loiseau
Porté par le Grand Souffle et promettre en personne
Qu'il est un Avenir au-dedans du tombeau
A celui dont l'Humain plus que tout le passionne.
.
animal Les réflexions
J'ai vu passer des bêtes
Au regard plus humain
Un troupeau de cent têtes
Qui parlait de Destin
Quand je ne vois la trace
En ville ou dans les champs
D'un seul de notre race
Depuis combien de temps.
Certes j'ai vu des ombres
Vaguement me souviens
D'absurdes formes sombres
Creuser comme des chiens
Et j'ai pensé peut-être
Car l'Homme aimait creuser
Qu'elles pouvaient en être
Et que j'étais sauvé.
Ce n'était que des bêtes
Qui plantait leur Destin.
Quand sur quelques décombres
Vaguement je m'endors
Poussent, poussent des ombres
Qui ravagent mon corps.
Car je n'ai plus la grâce
De parler aux communs
Je vis pour cette race
En pleurant dans mes mains
Car je n'ai plus d'espèce
Que des ruines pour lit
Quand je dors je ne cesse
De détruire la nuit.
Les Colosses Nus Oeuvre complete
L'oeuvre complète est prévue pour la fin 2010. Vous retrouverez le premier volume sortie en novembre 2007 ainsi qu'un rajout de plusieurs dizaines de poésies. A cette occasion, une signature sera organisée sur Paris, à la Cave à poèmes.
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