BBientôt en librairie !
Les Epouvantails du Maufait - Créatures du Berry nocturne
de mon frère Nicolas Liau
(avec une postface rédigée par mes soins)
Vous pouvez le commander dès à présent :
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Pardon de prier fort
Seigneur si c'est le sort
Mes yeux deux bénitiers ardents
Le diable a mis ses doigts dedans
Pardon de crier fort
Seigneur contre le sort.
Tristan Corbière - Cris d'aveugle
BIENVENUE
à vous qui visitez ces pages, et pardon d'imposer tant de noirceur à votre écran. Mais ne prenez pas peur et laissez-moi vous présenter les histoires que j'aime lire et raconter. Des histoires de tous les jours, chroniques des petites tragédies humaines. Ou quand les cruautés du sort font basculer la vie ordinaire dans l'horreur et l'impensable .
Je suis né Berrichon, dans l'Indre, à La Châtre exactement, "capitale" de cette Vallée Noire à laquelle je reste et je resterai profondément et intensément attaché. Si j'ai essentiellement grandi en terres berrichonnes, mon enfance a également eu pour cadre de réguliers séjours dans les Pyrénées ariégeoises.
Je vis désormais à Bourges, préfecture du Cher.
Titulaire d'une maîtrise de Lettres modernes (mémoire soutenu à l'université de Limoges et consacré aux nouvelles policières d'Agatha Christie et Georges Simenon), je suis aujourd'hui professeur de français au collège Jean-Valette de Saint-Amand-Montrond, mais aussi à la maison d'arrêt de Bourges.
Je suis par ailleurs membre du jury pour le Prix George-Sand de la Nouvelle .
Si je devais parler de ce(ux) qui m'inspire(nt), je répondrais tout bonnement : les gens. Ceux que je connais, ceux que je ne connais pas. Ceux que j'affectionne, ceux que je n'aime pas. Ceux dont le destin m'est proche et familier, ceux dont le malheur est passé dans les journaux ou à la télé. Les personnages de mes histoires peuvent être des gens croisés au hasard, entendus ici ou là, remarqués pour une bonne ou une mauvaise raison... Jacques Lamarche l'a dit : "Le romancier s'inspire de sa vie ou de celle des autres, il raconte des histoires vécues en lui ou autour de lui. Le reste est littérature, syntaxe et stylistique."
Mais on écrit toujours comme on lit, n'est-ce-pas ? Or, nombreux sont ceux dont les mots ont été une sève pour les miens. Je pourrais citer, pêle-mêle, Marc Villard, Georges Simenon, Pierre Pelot, Pascal Garnier, Fred Vargas, Agatha Christie, Pascal Dessaint... sans oublier Alain Souchon, dont les textes, l'air de rien, écorchent le monde sans ménagement pour mettre en évidence sa mécanique qui ne tourne pas toujours bien rond... (voir ma médiathèque)
Le 1er février 2008, est sorti en librairie
Pas plus d'importance que ça
mon premier recueil de nouvelles noires.
Publié aux éditions des Deux Encres, il rassemble des nouvelles publiées jusque là en recueils collectifs ou en revues, mais aussi des textes inédits.
Au sommaire :
- Pas plus d'importance que ça
- Papier mâché
- Après ça
- Jeu de Meaux
- La petite fille qui regardait les enterrements
- Carrefour de la dame blanche
- Mourir de toi
- Noir
- Je te tiens, tu me tiens
- Eugénie Hénaut, son petit chien et ses oiseaux
- Le sommeil du juste
- En fin de contes
Information importante ! Ce recueil est en cours de réécriture et devrait - si tout se passe comme voulu - être réédité sous une version remaniée...
"Du fond du tunnel percé sous la rue ont jailli deux faisceaux jaunâtres et, devancé par le bruit lourd et laid de l’'acier contre l’'acier, le train Corail n°4412 est entré en gare de Limoges-Bénédictins. Il était 3h13 du matin.
Novembre avait lâché sur la ville une nuit humide et glacée.
Florence, qui, pour revigorer son corps transi, avait avalé un gobelet de café brûlant, s’'était demandé combien de temps encore elle aurait tenu sur ce quai fantôme où croupissait une âcre odeur de chemin de fer. Ce quai où elle n'’attendait personne, où personne ne l’'attendait. Où elle avait décidé d’'empoigner son destin, où son destin l’'attendait.
Elle a rassemblé ses bagages épars sur le bitume, s’'est convaincue une bonne fois pour toutes que, oui, elle avait fermé la bouteille de gaz avant de partir, puis sa porte. A double tour. Sa porte, que les gamins de l’'immeuble avaient encore enduite de crachats et de grossièretés. Des dessins obscènes où l’'on voulait qu’'elle se reconnaisse. [...]"
Papier mâché
" [...] Elle a passé la journée au lit. Volets clos. N’'a pas répondu au téléphone quand il a sonné deux fois, à midi. Mal au ventre. Mal au crâne. De la bile plein la tête. Elle croyait que, dans le noir, le malheur, on ne le voyait pas, mais il y brillait, au contraire, âcre et insolent.
Elle a pleuré toutes les réserves de son corps, en a suffoqué, même, au point que, plusieurs fois, elle a cru – a espéré – qu’'elle en crèverait, là, sans déranger grand monde. Mourir comme elle avait vécu. Morte, de toute façon, elle l’'était bien déjà un peu, depuis que les yeux de Cédric ne la différenciaient plus du mobilier. [...] "
Après ça
" Je suis mort le jour de mon vingt-quatrième anniversaire. C'’est un des rares détails dont je sois sûr.
Nous étions le 19 avril, au beau milieu des vacances de Pâques. Cela faisait exactement trois jours que j’avais quitté Tours, où je terminais mon doctorat de géo, pour un congé d'’une semaine chez Maman. Enfin, quand je dis chez Maman... Chez Maman et Jean-Pierre, un mec banal et démodé avec lequel elle avait rembobiné sa vie – et la nôtre – depuis que le divorce d’'avec Papa avait tout effiloché.
Ce type était chauffeur de taxi. Parce que ce qu’'il savait faire de mieux dans sa misérable vie de misérable chauffeur de taxi, c'’était de s’'asseoir. Jean-Pire, je l’'appelais. Pas par familiarité, vous vous en doutez bien. Juste pour concentrer en deux mots les cinq-cents plus violents que j'’aurais voulu répandre sur son imposture. [...]"
La petite fille qui regardait les enterrements
" Elle, elle s'’appelle Lumina et ça veut dire « lumière ». Ce qui n'’existe pas dans sa chambre, là-haut, sous le toit barbouillé de lichen. Parce que ça fait des années maintenant que la grêle a fait éclater le verre de sa lucarne et que Maman n’'a pas voulu faire le nécessaire. C’'est un morceau de carton, le vieux calendrier du facteur, qui sert à rafistoler les trous. Le vent le tord, la pluie le ronge, mais jamais la lumière ne le fend pour couler à l’'intérieur.
C’'est une chose terrible que de porter le nom de ce qui vous fait le plus envie.
En bas, dans la cuisine, elle entend son petit frère pleurnicher. Il n'’a pas très faim mais Maman le force. Tout doux. Avec Bébé, elle ne se met jamais en colère, ou bien, quand ça arrive, quand Bébé n’'est pas raisonnable et qu'’il énerve Maman, c’'est Lumina qui prend. Une baffe et la voilà qui doit remonter dans sa chambre, sans marmonner – surtout, sans marmonner ! Parce que, tout à l'’heure, justement, Lumina a dit des choses dans le dos de Maman, qui lui a retiré son assiette de petits pois, pour la punir. Sa joue est encore rouge et gonflée. Et Lumina a faim. [...]
Carrefour de la dame blanche
" [...] Je me suis pas endormi tout de suite. Loin de là. A minuit et quart, étendu sur mon matelas gonflé, au milieu de la salle de séjour, j’'en étais encore à écouter la maison se retourner dans son sommeil. Plaintes murales, volets secoués, soupirs de charpente... Pas un centimètre de silence dans cette bâtisse, qu’'on aurait dit posée sur la houle. Après, je sais pas, ça a dû m'’emporter d’'un coup. Je me suis réveillé à quatre heures du mat’'. Dans un sursaut à faire vaciller la Terre. J’'ai pas immédiatement compris pourquoi. Pas compris ce qui m'’avait fourré au fond de la gorge cette boule de trouille qui m’'étouffait. Et puis ça a recommencé. Un boucan du diable. A l’'étage. [...]"
Avant de connaître la chance de voir mon premier recueil publié, et comme tout nouvelliste en herbe, j'ai eu l'occasion de participer à divers concours d'écriture, parfois avec succès. Certaines de mes nouvelles ont ainsi eu l'honneur d'être publiées au sein de recueils collectifs, pendant que d'autres bénéficiaient d'une parution en revues spécialisées, notamment dans les pages de "L'Ours Polar" (dont je ne remercierais jamais assez l'équipe). Petit historique de mes balbutiements littéraires :
- 2002 : 1er prix ex-aequo du Concours universitaire régional de la Nouvelle avec un texte intitulé Papier mâché [ Texte ensuite choisi pour représenter l'’académie de Limoges au niveau national ]
- 2006 : publication de la nouvelle Une histoire de pain de mie en recueil (intitulé "A saisir !"), aux éditions Terre de Brume, dans le cadre du festival « Noir sur la ville » à Lamballe (22).
- Juillet 2006 : publication de la nouvelle Papier mâché dans la revue "L'’Ours Polar" (n°37/38)
- Octobre 2006 : publication d'’une nouvelle Jeu de Meaux dans le recueil intitulé "Cinq nouvelles noires" (éditions des Falaises, le Havre) dans le cadre du festival « Polar à la plage »
- Mars 2007 : publication de La petite fille qui regardait les enterrements, dans "L'Ours Polar" (n°41)
- Mars 2009 : publication de Dans de beaux draps dans la revue "L'Ours polar" (n°47/48)
- Mars 2010 : publication de Carrefour de la dame blanche dans la revue "Eclats de rêves" (n°18)
- Tous les titres de Fred Vargas (publiés en poche chez "J'ai Lu") sont dignes d'intérêt, notamment pour l'originalité et la poésie - souvent - de ses dialogues, même s'il est vrai qu'ils finissent, au fil des années et des livraisons, par se cantonner à une petite musique qui peine à surprendre le lecteur...
- Agatha Christie a certes tout produit : du bon, du moins bon, voire du mauvais... Si son oeuvre commence à souffrir aujourd'hui de son âge, la petite mécanique géniale qui régit certains de ses romans demeure un tour de force inégalé. Parmi sa monstrueuse production, je conseillerais particulièrement deux titres : l'inénarrable "Dix petits nègres", bien sûr, mais aussi "La Maison biscornue", qui constitue une singularité - d'une délicieuse cruauté - dans l'ensemble de l'oeuvre de la romancière...
- Pierre Pelot excelle dans l'art de dépeindre la profonde animalité qui sommeille au coeur de chaque homme et qui vient parfois à surgir, dans la violence et le sang. Ses oeuvres, qui ont souvent pour cadre le silence et l'obscurité de la haute forêt vosgienne, distillent un malaise dont il est difficile de se défaire, même une fois le livre refermé. A lire impérativement : "La forêt muette" (Ed. du Seuil), "Pauvres zhéros" et "Si loin de Caïn" (tous deux publiés chez Rivages)
- Claire Castillon a publié deux recueils de nouvelles réussis (publiés au Livre de Poche) :
> "Insecte" : des histoires de femmes, de mères et de filles, des histoires fulgurantes, saisissantes, violentes... finalement fascinantes. Une écriture au couteau qui parvient toujours à atteindre son but : la surprise et l'épouvante du lecteur.
> "On n'empêche pas un petit coeur d'aimer" : Les histoires de couple disséquées, livrées de façon brute, brutale, et peuplées d'êtres sadiques, infects, que le lecteur adore détester.
- Emmanuelle Urien, avant de se consacrer à l'écriture de romans, a livré plusieurs recueils de nouvelles douces-amères, des textes comme autant de lames de rasoir cachées dans des caramels. Cela commence avec l'apparence du banal pour finalement sombrer, par un acte fatal, au tréfonds du monstrueux. Emmanuelle Urien, ou quand le fait divers devient littérature... A lire :
> "La collecte des monstres" (Gallimard)
> "Court, noir, sans sucre" (Ed. L'Etre minuscule)
- Marc Villard est le poète du bitume, où s'échangent la drogue et les coups. Ses textes, qui mettent en scène des victimes de la société, s'efforcent de retenir, selon l'auteur lui-même, "l'écume de la vie, les copeaux existentiels, les moments majeurs où s'opère le changement". Citons par exemple les recueils "Démons ordinaires", "Dans les rayons de la mort", "Personne n'en sortira vivant"... tous publiés aux éditions Rivages.
- Avec "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part" (je jalouse à l'auteur ce titre magnifique), Anna Gavalda parle de personnages qui n'ont rien de surhumain. Bien au contraire. Ils sont vous, ils sont moi. Ils sont ce qu'ils sont. Mais ils rêvent, un peu trop sans doute... et c'est ce qui les condamne à un retour terrible à la réalité. L'écriture est vive et pesée, elle vous mène l'air de rien.
Cliquer sur les jaquettes pour accéder à la bande-annonce
- Les Autres, d'Alejandro Amenabar (2001) se présente comme une histoire de revenants dans les brumes de l'île de Jersey. Nicole Kidman, à la beauté plus froide et plus diaphane que jamais, incarne une mère rigoriste et torturée, recluse avec ses deux enfants entre les murs d'un manoir plus habité qu'il n'y paraît. Un film réussi à plusieurs titres : le jeu de Kidman est impeccable, les seconds rôles soignés (les personnages des trois domestiques nourrissent intelligemment le mystère), les décors - souvent nocturnes et glacés - allient ce qu'il faut de grandiose et de lugubre pour instaurer une atmosphère léchée et évocatrice.
La plus grande réussite de ce film réside dans la conception du scénario, bâti sur une énigme se démêlant à un rythme subtil, ménageant quelques fausses pistes, jusqu'au coup de théâtre final (que d'aucuns, il est vrai, pourraient juger trop hollywoodien) parfaitement inattendu et qui n'invite qu'à une seule chose : reprendre le film depuis le début pour mesurer toute l'évidence du dénouement !
- Adapté du récit de Washington Irving, Sleepy Hollow (1999) de Tim Burton est un superbe hommage aux films d'épouvante produits par la Hammer au milieu du XXème siècle. Entremêlant énigme policière et film d'horreur, l'oeuvre réunit tous les constituants du conte gothique : des paysages cauchemardesques, des crimes sanglants, des êtres tout droits issus du merveilleux...
Tim Burton donne ici le meilleur de lui-même et de son talent, reprenant des thèmes (la marginalité, l'enfance traumatisée...) et des tons (l'humour noir) qui lui sont chers.
Doté d'une belle distribution (Johnny Depp, Christina Ricci, Michaël Gambon, Miranda Richardson...) et notamment de deux véritables "gueules" cinématographiques (Christopher Walken et Christopher Lee, dans des apparitions certes brèves mais frappantes), le film se présente comme une poésie visuelle, comme un tableau mouvant tant il semble peint, et non plus filmé.
- Dans La Cérémonie (1995), le regretté Claude Chabrol sait prendre son temps pour laisser monter la tension dramatique qui sert de fil rouge au film, adapté d'un roman de Ruth Rendell.
Chabrol met en scène, comme souvent, la bourgeoisie de province, sûre d'elle et arrogante, ici confrontée à deux personnages de la basse société (incarnés par Sandrine Bonnaire et Isabelle Huppert) : une collision frontale de laquelle naîtra la tragédie finale, crue et dérangeante.
Le duo d'actrices principales fonctionne diablement (Bonnaire en domestique énigmatique, Huppert en manipulatrice incontrôlée) et impressionne durablement. Un film marquant.
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- Florent -
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