La salle de spectacle a fait le plein ce soir à Belleville. Pas une place de libre, même sur les passerelles qui ceignent la scène. Partout s’affiche le visage juvénile de Mike Brant. La soirée commence doucement, par un cocktail de bienvenue. Ca traîne même un peu en longueur, d’autant que les spectateurs n’ont pas l’air d’être venus pour manger des petits-fours, très bons au demeurant. Non, ce qu’ils veulent, c’est voir Mike Brant, entendre Mike Brant, respirer du Mike Brant. Ils vont être servis.
L’émotion au rendez vous
L’organisation de la soirée est précise et ponctuelle, le spectacle comme promis commence à 20h30. Pendant deux heures orchestrées par Yona, la nièce de Mike, on alternera entre des témoignages de personnalités qui ont bien connu le chanteur et des chansons de Mike interprétées par de jeunes interprètes. Au chapitre des souvenirs viennent donc tour à tour Michel Jourdan, l’auteur de Qui saura, le journaliste André Torrent, Stone, ou encore Jean Renard, compositeur entre autres de laisse-moi t’aimer. Des membres de la famille Brant –son frère Zvi, sa belle-sœur Corinne viennent aussi s’asseoir dans l’imposant fauteuil en osier, celui-là même où Mike était assis sur la pochette de son disque My Way. Du côté des jeunes artistes, le ténébreux Damien Sargue fait admirer sa voix légèrement voilée, tandis que la Suisse montre aussi qu’elle aime Mike Brant avec la participation de Laurent Brunetti, Marie Klaus et Mario Pacchioli. Se succèdent Laisse-moi t'aimer, Dis-lui ou C'est une belle fête. Des chansons interprétées avec émotion, et sont très applaudies par un public toutefois un peu timide, qui n’ose pas se lâcher. Pas encore, en tout cas.
Admiration
C’est l’une des preuves de l’admiration que Mike Brant exerce sur ses fans. Les jeunes groupies du début des années 70 se sont bien sur assagies, plus question bien sur de hurler à pleins poumons. La surexcitation a laissé la place à une certaine forme de déférence où pointent toujours le regret et la tristesse d’un amour disparu. Depuis 35 ans les admiratrices ont bien sur appris à vivre sans leur idole, comme si elles vivaient leurs noces de rubis à sens unique. Mais chaque apparition à l’écran du chanteur montre finalement que le divorce n’a pas été prononcé après le drame du 25 avril 1975, au 6 de la rue Erlanger. A la carrière, fulgurante, de Mike a succédé une deuxième vie, plus longue et apaisée. Une deuxième vie tout aussi réussie commercialement. Car Mike Brant continue de vendre énormément de disques, au moins 30 millions d’albums depuis quarante ans. Et chaque nouvelle sortie est un événement.
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